Category: (VI) Textes & Recherches de Bernard Foutrier


Voici l’entretien de Bernard Foutrier par l’équipe de L’Harmattan autour de La Lumière du marxisme et l’ombre du Parti :

 

Et la première recension de La Lumière du marxisme et l’ombre du Parti, sur L’Humanité

Par Pierre Chaillan, L’Humanité du 23 juin 2016
En sous-titrant son imposant ouvrage « Phénomène communiste, phénomène démocratique et phénomène totalitaire au XXe siècle », Bernard Foutrier met un point final, sinon d’honneur, à présenter un long cheminement intellectuel et politique, depuis l’expérience du jeune communiste de Migennes (Yonne) de la fin des années 1950, à la réflexion engagée alors par le diplômé marxiste, qui subit en son temps les foudres de l’ire stalinienne. Car, le problème du stalinisme et de ses répercussions au sein même du PCF le préoccupa. Il prit la décision de le quitter dans la nuit du 19 au 20 août 1968, marquée par l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie. Comme il était lié au groupe oppositionnel Unir, sa démission fut effective début 1969. À l’instar d’un Henri Lefebvre, son intuition d’alors rejoint la critique d’une forme d’un communisme de guerre et du totalitarisme stalinien, et prend même, selon lui, ses racines dans la controverse engagée aux toutes premières heures de la fabrique sociale-démocrate.

Bernard Foutrier,

L’Identité communiste… La psychanalyse, la psychiatrie, la psychologie

Paris, L’Harmattan, 1995.

Commander l’ouvrage sur le site de l’éditeur (version papier et numérique).

ISBN : 2-7384-3064-3 • 682 pages

Recensions :

Quatrième de couverture :

Par et à travers l’analyse de la situation, aussi méconnue qu’elle est importante, de la psychanalyse, de la psychiatrie et de la psychologie dans l’univers du PCF et en particulier dans sa sphère politique, l’auteur procède à une analyse tout à fait inédite des processus de structuration et de déstructuration de l’identité communiste du PCF et du phénomène communiste en général. Il aboutit ainsi à une interprétation entièrement nouvelle du phénomène communiste comme axe charnière actif majeur entre le phénomène démocratique et le phénomène totalitaire au XXe siècle.

Camille FOUTRIER  [Moïse, Henri, Camille]

Né le 21 octobre 1908 à Dampierre-sous-Bouhy (Nièvre), mort le 26 avril 2000 à Auxerre (Yonne) ; cheminot ; militant communiste du Cher puis de l’Yonne ; secrétaire de la section communiste de Migennes.

Camille Foutrier était le fils d’Eugène Foutrier, journalier agricole en même temps que bedeau, et de Marguerite née Patin. À la mort de son père en 1919, il quitta l’école pour aller « travailler chez les autres ».

Camille Foutrier adhéra aux Jeunesses communistes en 1924 à Bourges (Cher), où il travaillait et milita quelques années. En 1932, il vint travailler comme ouvrier-boucher à Mailly-la-Ville (Yonne), où il se maria en octobre 1932. Militant CGTU dans une petite entreprise (l’usine Carré) puis à la laiterie, il participa en février 1933, à la création de la cellule Camélinat du PC, à Mailly-la-Ville (Camélinat était originaire de Mailly-la-Ville, où il venait de mourir et d’être enterré en 1932).

En 1936, Camille Foutrier entra aux chemins de fer (PLM) à Cravant dans l’Yonne, où il milita au syndicat CGT des cheminots ainsi qu’à la cellule du PC. En 1937, il fut nommé garde-signaux à Tracy-Sancerre (Nièvre) : il habitait à Saint-Satur (Cher) et militait à la cellule communiste de Saint-Thibault, avec Lerat* et Laloue*. À cette époque Camille Foutrier exprima son opposition à la politique de « la main tendue » aux catholiques.

En 1938, il fut nommé cheminot en gare de Cosne-sur-Loire dans la Nièvre, où il habitait et milita, comme responsable de la cellule des cheminots et du syndicat CGT, jusqu’à la déclaration de guerre. Il fut mobilisé en février 1940, puis démobilisé en juillet suivant. Il revint à Cosne-sur-Loire où il reprit contact avec les militants du Parti.

À partir de 1941, avec quelques camarades, Camille Foutrier participa à l’activité politique et syndicale clandestine à Cosne-sur-Loire et, à l’occasion, à Mailly-la-Ville. Sa distribution de l’Humanité commença fin 1942. Finalement, il subit une perquisition mais ne fut pas arrêté. Il participa à la libération de Cosne en juillet-août 1944, fut candidat aux premières élections municipales et élu délégué CGT pour la gare de Cosne-sur-Loire.

Le 1er mars 1946, Camille Foutrier vint habiter l’important centre ferroviaire de Laroche-Migennes (Yonne) et y demeura dix-sept ans jusqu’à son départ à la retraite, fin 1963. Délégué du personnel en gare de Migennes, il fut également, à partir de juillet 1946, et jusqu’à fin 1953, secrétaire de la section du Parti communiste. Membre du comité fédéral de juillet 1947 au début des années 60, il appartint au secrétariat fédéral pendant un an, au cours de cette période. Militant syndical, C. Foutrier participa activement aux grèves des chemins de fer en 1947, 1949 et 1953.

Camille Foutrier poursuivit son action syndicale dans le cadre de l’organisation des retraités des chemins de fer de Migennes. Sur le plan politique, il condamna l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie en août 1968 et quitta le Parti français en novembre 1970. L’année suivante, il adhéra à la Ligue communiste (trotskyste) et fut candidat en son nom aux élections législatives de 1973. Il adhéra au Parti socialiste en 1974-1975 puis, en dépit de nombreux désaccords, se rapprocha du Parti communiste qu’il rejoignit début 1982 puis abandonna définitivement en 1983.

Marié, père de plusieurs enfants – dont Bernard Foutrier –, il fut secondé, sa vie durant, par sa femme Antoinette née Sautreau le 6 juin 1907 à Mailly-la-Ville qui fut responsable du comité Amsterdam-Pleyel de Mailly et appartint au comité de section communiste de Migennes au cours des années 50 et 60, tout en étant secrétaire de la cellule du quartier des cités SNCF de Migennes. Pour les mêmes raisons que son mari, elle quitta le parti en novembre 1970 et cessa dès lors toute activité militante jusqu’à sa mort le 13 février 1983.

SOURCES : Souvenirs de B. Foutrier, 24-31 octobre 1984. — État civil de Dampierre-sous-Bouhy.

Texte de Claude Pennetier tiré du « Maitron », cf. ici.