Ce site/blog est dédié aux oeuvres et aux travaux de recherche de Bernard Foutrier, artiste, sculpteur et historien du phénomène communiste.

Présentation des œuvres de Bernard Foutrier

Né le 5 août 1942, Bernard Foutrier passera toute son enfance, sa jeunesse et “ses premières années d’homme » dans la cité cheminote de Migennes (Laroche-Migennes) dans l’Yonne où ses parents viennent habiter en février 1946.

C’est de façon fort inopinée, dans l’espace de la rupture extrêmement pénible de ses activités politiques au sein du phénomène communiste français, qu’à partir de janvier 1968 Bernard Foutrier s’engage obstinément et sans retour dans un dédale d’environ 800 « dessins et tableaux », puis à partir de 1977/1978 de plusieurs dizaines de sculptures qu’il fait surgir patiemment de bois des vignes, rivières, champs et forêts.

Soient, sur quarante cinq ans, des milliers d’heures de dessins/peintures et de plus en plus de sculptures… Selon ses deux « dictons » préférés : « le minimum de moyens pour le maximum d’effet » et « aller le moins vite possible »…

FOUTRIER Bernard, Lucien, Denis : biographie politique
Né le 5 août 1942 à Cosne-sur-Loire (Nièvre) ; enseignant puis chercheur indépendant, docteur d’État ès lettres et sciences humaines ; militant des Jeunesses communistes dans l’Yonne, membre du bureau fédéral communiste, secrétaire de section de Migennes ; oppositionnel, s’éloigne du PCF fin 1968, au centre d’une « affaire » politique en 1970.
Bernard Foutrier est le fils du cheminot Camille Foutrier et d’Antoinette Foutrier, tous les deux militants communistes de l’Yonne depuis les années trente et particulièrement influents à Migennes à partir de 1946.
Il se présente comme le « plus jeune CDH » –vendeur de l’Humanité dimanche – du département de l’Yonne où, du printemps 1949 à l’été 1955, il diffusait chaque semaine dans la cellule du PCF et le quartier des Cités SNCF de Migennes une vingtaine d’Humanité dimanche, France nouvelle, Femmes françaises, Heures claires, Vaillant et diverses brochures du PCF. Il participa en novembre 1956, comme représentant de la fédération de l’Yonne de l’UJRF-UJCF, au 1er congrès national de refondation des Jeunesses communistes. De 1956 à 1959, il fut responsable du cercle des Jeunesses communistes de Migennes et membre de la section locale du PCF. Il fut particulièrement actif durant l’année 1958, contre l’arrivée de de Gaulle au pouvoir après le putsch du 13 mai 1958.
Élève de l’École normale d’instituteurs d’Auxerre, de 1959 à 1961, il y fut responsable du cercle des Jeunesses communistes – environ vingt adhérents – et du comité pour la paix en Algérie en 1960-1961 (environ soixante adhérents). De 1961 à 1962, il dirigea le cercle des Jeunesses communistes de l’École normale d’instituteurs de Dijon (Côte d’Or), où il créa celui conjoint de l’École normale d’institutrices de Dijon, ainsi que le cercle des JC du lycée Hyppolite Fontaine où militait alors Roland Jacquet, futur dirigeant du PCF , et encore le Comité pour la paix en Algérie et contre le fascisme, qui réunissait environ 120 membres à l’E.N des garçons et 60 membres à l’E.N. des filles.
Responsable des Jeunesses communistes en Côte d’Or et dans l’Yonne, Bernard Foutrier fut élu, au printemps 1961, membre du comité national de l’UJCF. En octobre-novembre 1964, il quitta l’UJCF pour devenir jusqu’en juillet 1967 secrétaire de la section de Migennes (essentiellement cheminote) du PCF. Il avait suivi une école centrale communiste d’un mois en 1966. La section comptait, de 1965 à juillet 1967, environ 230-240 adhérents et 10-14 cellules (de quartier, d’entreprises, et rurales). Il fut, de juin 1964 à juillet 1967, membre du comité et du bureau de la fédération de l’Yonne du PCF. Il ne fut que quelques mois PEGC, avant d’être en congés pour raisons de santé. Il avait été réformé du service militaire.
En octobre 1967, il quitta l’Yonne, pour des raisons personnelles et familiales, et travailla, de septembre 1967 à juillet 1968, au journal l’Humanité, au « service CDH ». Durant la même période, il fut membre du comité, du bureau et du secrétariat de la section Montreuil-Nord du PCF, l’une des quatre sections du PCF à Montreuil (Seine-Saint-Denis), avec environ 380 membres.
Le problème du « stalinisme » en URSS, dans les pays socialistes et de ses répercussions au sein même du PCF le préoccupa à partir de janvier 1968. Il prit la décision de le quitter définitivement dans la nuit des 19-20 août 1968 marquée par l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie. Sa démission fut effective début 1969. Il était lié au groupe oppositionnel UNIR qui avait des sympathisants dans la Nièvre, comme le résistant Robert Simon* dont Foutrier avait voté l’exclusion en 1961.
En novembre 1970 – alors qu’il n’était plus membre du PCF depuis plus d’un an, en relation avec les désaccords et la crise politique qui secouaient alors la direction de la fédération de l’Yonne du PCF, Bernard Foutrier, qui envisageait de créer une revue marxiste internationale, fut accusé, avec l’accord et à l’instigation de membres de la direction du PCF, de « complot » contre le mouvement communiste international, l’URSS et le PCF : « travail fractionnel à l’échelle nationale et internationale », disait la résolution du 14 novembre 1970 du comité fédéral du PCF de l’Yonne, motion adoptée en présence d’Auguste Brunet*, délégué du comité central. Jean Brigeois*, qui s’était fait subtiliser ses échanges de courrier avec Bernard Foutrier, fut écarté des responsabilités départementales, ainsi que Guy Lavrat*, Jacques Baron et Philippe Breton. Le secrétariat national du 17 novembre 1970 traita des « problèmes de vigilance » dans la fédération de l’Yonne (compte rendu, Arch. du PCF, Bobigny).
Par la suite, Bernard Foutrier entretint des rapports complexes avec le PCF, acceptant d’être élu conseiller municipal et maire adjoint de Migennes en 1983, mais il fut aussi en liaison avec diverses organisations et courants de l’extrême gauche trotskiste, notamment la LCR et les lambertistes.
Du début des années 1960 au années 2000, il poursuivit constamment diverses recherches sur le phénomène communiste, dont il fit l’axe de toutes ses études universitaires – Bernard Foutrier est diplômé de l’Université en philosophie, en histoire et en sciences politiques et il est docteur d’État ès lettres et sciences humaines ; il a publié et rédigé des ouvrages : en 1995 chez l’Harmattan L’identité communiste. La psychanalyse, la psychiatrie, la psychologie, et, à paraître, Les Lettres françaises entre Pavlov et Lacan, ainsi que La Lumière du marxisme et l’ombre du Parti-phénomène démocratique, phénomène communiste et phénomène totalitaire au XXe siècle.

Texte de Claude Pennetier, dans « Le Maitron » qui se trouve ici.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Renseignements communiqués par Bernard Foutrier le 20 septembre 2008.

Contact : adresse email de Bernard Foutrier